Wednesday, November 30, 2005

Noël en vue

Même pour les distraits, c'est quand même limpide: Noël en vue!!!!

Monday, November 28, 2005

Le couloir de la mort

L'exécution de Stanley Williams est prévue le 13 décembre 2005 à la prison de San Quentin au Nord de la baie de San Francisco. Les associations se mobilisent pour obtenir sa grâce auprès d'Arnold Schwarzenegger, gouverneur de la Californie.
C'est le moment de rappeler certaines dates:

- 1972: la Cour Suprême abolit la peine de mort.

- 1976: Celle-ci est rétablie.
- 2005: 14 états rejettent la condamnation à mort, plusieurs autres ne l'appliquent plus de fait par des biais juridiques divers. Et certains chiffres:
- près de la moitié des condamnés à mort emprisonnés sont dans les états de Californie (648), au Texas (414) et en Floride (648) .
- chiffres de juillet 05 .
- La 1000è exécution depuis 1976 pour les USA va avoir lieu prochainement.
Pendant la même époque, il y a eu 11 exécutions en Californie (en fait à partir de 1992 : il n'y avait pas eu d'exécutions entre 1976 et 1992) et 355 au Texas.
- 1% des condamnés à morts en Californie sont exécutés.
40% des condamnés au Texas le sont.
- Les noirs représentent 13% de la population américaine, 42% des condamnés à mort, 32% des exécutés.

Saturday, November 26, 2005

Black Friday, la fièvre du vendredi noir

Une fièvre d'achat s'est emparée de San Francisco hier, Union Square était bondée, les grands magasins étaient ouverts depuis 6 heures ce matin, beaucoup se sont rendus à 5 heures à Best Buy ou Circuit city, etc.. pour profiter des promotions géantes.
Black Friday, le plus grand jour d'achat de l'année avec le samedi avant Noël, est dit-on un baromètre économique révélateur de la consommation de l'année.
J'ai longtemps cru que le Black Friday était dit black parce que les magasins étaient "noirs de monde". L'expression viendrait du temps où les cahiers de comptes défaillants des commercants passaient de l'encre rouge vers l'encre noire, à cette période de cadeaux de fêtes de fin d'année
(voir l'explication de
Inside the USA l'année dernière).

Wednesday, November 23, 2005

Restez cool devant la dinde

Evidemment il y aurait de quoi paniquer, c'est l'animal emblématique de Thanksgiving ! Benjamin Franklin aurait écrit en 1784 qu'il aurait bien vu la dinde (en fait le dindon sauvage à l'époque ... beaucoup moins stupide paraît-il) figurer sur le drapeau américain à la place de l'aigle.. Il a dû se ressaisir depuis puisqu'il n'en est rien heureusement!
Le "Holiday guide" de Thanksgiving est certainement dans tous les canards (!) locaux (moi je le lis sur SF Chronicle évidemment), et vous pouvez sans doute trouver dans le vôtre le "Basic Planning Guide", sorte de remake local du Larousse Ménager pour ménagères dépourvues de cerveaux..
Si vous avez peur d'oublier quelque chose au moment du compte à rebours, une semaine avant, deux jours avant, et le fameux jeudi, suivez le programme à la lettre, tout y est consigné.
La première décision à prendre est de savoir le style de repas que vous voulez: servi à l'assiette, en buffet, ou en "family style" (au plat, comme en famille).
N'oubliez pas de dénombrer vos assiettes et couverts assortis, et de prévoir chaque récipient. Réfléchissez à la décoration de la table, au nombre de bougies et décorations à prévoir, etc. Interrogez vous sur les goûts de vos invités. Certains sont-ils végétariens? allergiques? etc...
Ressentez-vous une quelconque appréhension à l'idée de cuire cet énorme volatile? L'auriez vous disposé à l'envers dans le plat? Vous n'arrivez pas à retourner votre bête? Se serait-elle coincée dans le four? Pas de panique! une Turkey hotline est à votre disposition, avec une liste de numéros couvrant tous les fuseaux horaires des USA, où les grosses fermes reproductrices et des associations vous répondront 24 h sur 24!
Si vraiment vous angoissez trop, Safeway vous propose l'option turkey précuite ("Fast! only two hours!") et nombre de magasins bienveillants vous fourniront le repas complet en barquette!
Enjoy!

Saturday, November 19, 2005

Thanksgiving

Une fébrilité heureuse monte un peu partout : jeudi prochain, c’est Thanksgiving. Pour l'occasion, les Américains parcourent traditionnellement le pays pour retrouver leur famille. Billets d’avions réservés très longtemps à l’avance, aéroports surchargés mercredi pour les uns, les courses à faire pour les autres…. Un rituel.
Nous ne nous sommes jamais vraiment sentis concernés par la dinde des ancêtres, et pour cause, et nous avons souvent profité du long week-end pour explorer le pays. Mais chaque année, plusieurs familles amies américaines se sont souciées de vérifier que nous n’étions pas seuls ce jour-là.
J’aime beaucoup Thanksgiving, (pas vraiment l’inévitable la dinde farcie, la purée-broccoli avec ou sans petits pois, ni la tout aussi incontournable tarte au potiron) mais le sens de cette fête, la plus belle pour moi des nombreuses fêtes américaines. Un peu l’Amérique comme on aimerait qu’elle soit toute l’année. A l’opposé de la caricature qu’on fait des Américains, pas tout à fait fausse, mais loin d’être vraie.
Une fête sans cadeau.
Une fête qui commémore le moment où ces futurs Américains ont eu besoin de la dinde des Indiens pour survivre.
Une fête qui fournit à chacun l’occasion de remercier publiquement pour ce qu’il doit aux autres : bien sûr, remerciements des hôtes pour les invités qui viennent souvent de loin, des invités pour l’hôte qui les reçoit, mais surtout remerciements des enfants pour leurs parents qui paient leurs chères études à l’université, d’une personne pour un ami qui l’a aidée, des Juifs pour le pays qui les a accueillis...
Ses limites : c’est une fête caucasienne plus que de l’Amérique tout entière. Des Latinos nous l’ont dit: "On est content des jours de congé, mais nous, on attend Noël. Thanksgiving, c’est bon pour les Gringos ! ".

Friday, November 18, 2005

Balade végétarienne à Berkeley

On est à une semaine de Thanksgiving, il est grand temps d’entreprendre la petite diète indispensable avant le marathon des fêtes. Une balade à Berkeley s'impose.
On y trouve plusieurs super-marchés de légumes et de fruits stockés en abondance, mais le plus beau, c'est Berkeley Bowl (2020 Aragon street).

Avis aux amateurs de raves et de choux! Choux fleurs violets, jaune d'or et vert vif , choux de Bruxelles en vente exclusivement sur leurs énormes tiges, dix variétés de papates douces, pommes de terre violettes, noires, bleues, blondes ou pourpres, sans parler des fruits, baies, et plein d'autres végétaux extraordinaires...

Un régal pour les yeux et pour les papilles!
Le tout à des prix plutôt raisonnables pour la Baie.

Thursday, November 17, 2005

Durs de la feuille, les Rolling Stones?

Dimanche soir, impossible de dormir du sommeil du juste .
Motif : respectant la tradition, les Rolling Stones terminent leur tournée mondiale au Pac-Bell, et le son butant sur la colline qui surplombe Noe Valley revient submerger la ville à plusieurs miles autour du stade.
Les plaintes pleuvent, ... par téléphone, et dans le Chronicle, avec cette phrase percutante d'un mécontent: "Ce n'est pas parce que les Rolling Stones sont trop vieux pour entendre leur musique que cela les autorise à être aussi bruyants"!
(Les photos sont de Lea Suzuky du SF Chronicle)

Tuesday, November 15, 2005

JC Decaux

Le Français dont les affaires ont le plus d’incidence sur la vie du San franciscain moyen au quotidien est sans doute J.C. Decaux.
S’il vient de perdre le marché de New-York, il y a bien longtemps que les San Franciscains ont découvert ses édicules hygiéniques qu’on a appelés un temps à Paris les Chiraquettes.

La municipalité de l'époque pensait en les installant résoudre les problèmes d’hygiène liés au grand nombre de SDF à proximité immédiate du Civic center, sans réaliser que les 50c à payer pour leur utilisation étaient hors de portée des personnes auxquelles ils étaient destinés.

Alors, la municipalité a séparé les deux problèmes. Elle a transféré les "SFDecaux" dans les quartiers touristiques et elle a mis le street-cleaning, (le nettoyage de la rue et de ses trottoirs au Karscher) la nuit entre 2 heures et 6 heures du matin dans le quartier du Civic center.
Non, il n’y a plus de SDF autour de la mairie…

La municipalité a changé, mais la saga continue : c’est maintenant l’installation du dernier bébé Decaux dans le quartier de Haights Ashbury qui agite les esprits : à proximité du magasin dédié à Jerry Garcia et ses Grateful Dead ? On frôle le sacrilège.

Sunday, November 13, 2005

Danielle Steel

Je n’ai pas résisté ; j'ai fait allusion devant ces dames américaines à la présence, cette fois encore, du dernier livre de Danielle Steel ( Toxic bachelors) sur la liste des best-sellers du New York Times. Et comme prévu, ça a marché…

Chacune y est allée de son conseil : « Surtout ne perdez pas votre temps à lire ça, c’est de la prose d’aéroport » » (c’est vrai qu’on la trouve dans tous les aéroports et même dans les relais H du RER parisien), « Je m’interdis de le lire », une autre décoche une dernière flèche : «D’ailleurs, cette fois, elle a changé de style par rapport à ces bouquins précédents, elle se place du point de vue des hommes » (Tiens, comment le sait-elle ?).
Danielle Steel, une femme tout en chiffres : 5 maris, 9 enfants, plus de 60 romans, 530 millions d’exemplaires, traduits en 28 langues, diffusés dans 47 pays etc…

Elle habite la plus grande maison de San Francisco sur les hauteurs de Pacific heights, celle qu’on appelle le Parthénon de l’Ouest, qui a été construite par les Spreckels, les magnats du sucre…
Pire, dans cette capitale de la cigarettophobie, elle fume dans toutes les réceptions avec un long fume-cigarette qui semble sorti du Cotton-Club et personne ne bronche..
Oui, une figure. Only in San Francisco.

Friday, November 11, 2005

Zen

Zen, face au Pacifique, mais tout de même…
avec le walkman sur les oreilles…

Wednesday, November 09, 2005

Vous avez une arme?

250 millions d’armes dans le pays pour 250 millions d’habitants, une par habitant en comptant les nourrissons, les aveugles, les manchots, les parkinsoniens etc.
Mais cette fois, c’est fini à San Francisco. Les électeurs ont voté hier à près de 60% pour l'interdiction de la possession et du commerce d’armes à l’intérieur des limites de la ville. Les armes devront être rendues d’ici le 1er avril. La NRA compte bien faire appel (La National Rifle Association regroupe 3 millions d’adhérents et défend la liberté d’être armé, droit qui d’ailleurs est stipulé dans un des articles de la Constitution) mais comme Chicago et Washington D.C. ont déjà pu interdire les armes, on peut espérer que cette demande n’aboutira pas.
Les San Franciscains ont aussi voté (score comparable) contre la présence des recruteurs de l’armée dans les lycées et les colleges universitaires.

De Young, un musée sur mesure

Le nouveau musée De Young a ouvert ses portes mi- octobre et je suis enthousiaste.
Les architectes suisses Herzog et de Meuron signent ici un bâtiment controversé mais qui place le musée dans la ligne des grands bâtiments contemporains mondiaux.
La référence en matière de musée récent à San Francisco était jusqu'à maintenant le musée d'art moderne, le MOMA, signé par Mario Botta (déjà un Suisse), un édifice de briques rouges symétriques qui s'insère parfaitement dans le tissu urbain. Chez Botta, on est protégé de la ville, les lumières sont zénitales, ou diffusées par des ouvertures étroites latérales, les espaces sont symétriques, la géometrie dégage une certaine spiritualité, c'est un espace harmonieux, avec une beauté froide, qui convient bien pour les expositions contemporaines.
Au musée de Young inséré dans le magnifique Golden Gate Park, le concept est inversé.
Ici règnent le cuivre, le minéral, les polymères : planchers et plafonds en bois rouges, murs gris colorés, espaces étroits en biais, ou blancs immenses. La nature entre largement dans le musée.
Chaque collection est mise en scène avec minutie, la collection contemporaine cohabite sans heurs avec l'époustouflante collection d'art océanique mise en valeur dans une pénombre magique, les tableaux et objets classiques bénéficient de leurs salles convenues (ces salles typiques de musée, rectangulaires, à éclairage zénithal central, qu'on trouve dans tous les musées classiques du monde), mais les murs n'ont jamais la même couleur.
Les architectes parlent de mouvement liquide entre les salles; je parlerais plutôt d'harmonie , quand on oublie le lieu, où collections et espace ne font qu'un, où la pensée n'est pas entravée par un style particulier.
Bref! un lieu à s'approprier, à voir et revoir, pour dix minutes ou une demi- journée, un musée à vivre. Vous avez compris, j'adore...
Les architectes Herzog et de Meuron réaliseront le nouvel édifice du Parrish Museum à Long Island, musée spécialisé dans l'art américain du 20 ème siècle. Alors, rendez-vous là-bas en 2009!

Monday, November 07, 2005

The Tactile Dome

L’obscurité y est totale, tout comme le silence grâce à une isolation phonique parfaite. Le but du jeu est de parcourir un labyrinthe en trois dimensions aux revêtements variés en utilisant uniquement le sens du toucher et les informations de ses muscles.
Une très forte impression.

Claustrophobes s’abstenir.

Où ? A l’Exploratorium, le musée scientifique sur la Marina.

Friday, November 04, 2005

Le stationnement à San Francisco

Se garer dans San Francisco, c’est un peu ( toutes proportions gardées !) comme faire décoller un Airbus.
Il faut avant toute décision définitive vérifier sa check-list :
- Ne suis-je pas à proximité d’une borne à incendie?
- Est-ce que je n’empiète pas, ne serait-ce que de 20 cm sur un arrêt d’autobus ?
- Quelle est la couleur de la bordure du trottoir ? rouge (interdit), jaune (pour les livraisons), bleue (pour les handicapés) verte (pour dix minutes seulement), blanche (uniquement pour embarquer ou débarquer des passagers) .
- N’est-ce pas le jour du street-cleaning ? (il arrive que des amendes tombent dans la tranche horaire du nettoyage de la rue, même après le passage des machines !)
- Ne suis-je pas sur une rue à circulation rapide où tout stationnement sera interdit à partir de 15 heures ?
- Si je suis dans une zone à stationnement gratuit mais limité, s’agit-il d’une zone à deux heures ou une heure ?
- Si je suis dans une zone à parcmètres, je dois me rappeler qu’il est "illégal de nourrir le parcmètre ", traduire " remettre des sous une fois que le temps est dépassé ". Tout le monde le fait (surtout les français !) mais…
- Si la rue est en pente, ai-je tourné mes roues ? dans le bon sens ?
Si c’est tout bon, allons-y !
N.B. Oui il existe des parkings payants. Prix minimum 1$ de l’heure, parfois 1$ les
12 minutes,.... quand ils ne sont pas complets.

Wednesday, November 02, 2005

Breaking news

Branle-bas de combat chez les perroquets de Telegraph Hill. Les arbres qui les abritent sont malades et devraient être abattus. Mark Bittner a réussi à faire arrêter la coupe après l'abattage du premier. La presse s'agite, la télévision commente, la ville bruisse... Si les choses empirent, je vous tiendrai au courant!
Landerneau sur la Baie...

Big brother

A chaque fois que je sors du parking de l’aéroport de San Francisco, j’éprouve un certain malaise en constatant que les heures d’entrée et de sortie figurent sur le ticket, mais aussi le numéro d’immatriculation de ma voiture…
Non seulement Big brother veille, mais il le fait savoir.

Sunday, October 30, 2005

Les perroquets de Telegraph Hill

Ça ressemble à un conte pour enfants.
Il était une fois un monsieur pas bien riche, musicien de rue et gardien d'une maison enfouie dans la verdure et les arbres sur Telegraph Hill.
Il était une fois des perroquets qu'on avait amenés d'Amérique latine.
Un jour, ils se sont sauvés et se sont installés près de chez le gardien de la maison (il s'appelle Mark Bittner) parce qu'il y avait de la verdure et des arbres comme dans le pays d'où ils venaient.
Mark a regardé les oiseaux, leur a parlé, les a nourris et leur a donné des noms : Sonny, Lucia, Paco, Gibson, Mandela, sont devenus ses copains. Les perroquets se sont mariés et ont eu beaucoup d'enfants.
Un savant qui étudiait les perroquets est venu voir Mark pour apprendre tout ce qu'il savait sur les perroquets.
Et puis Mark a écrit un livre sur les perroquets de Telegraph Hill.
Et puis une cinéaste, Judith Irving, a tourné un film sur eux et ils sont tous devenus très célèbres.
(Le site donne les dates de passage du film dans les cinémas aux USA et Canada)

Wednesday, October 26, 2005

Tranche de vie en 4 actes…

ACTE I: l’adrénaline du vendredi soir
1) Seule au volant, je me suis laissé embarquer sur la file de droite sur Folsom street, celle qui oblige à tourner à droite.
2) Mon cerveau reçoit coup sur coup quatre messages de détresse très rapprochés :
- je me trouve engagée sur une bretelle qui file tout droit vers le Bay Bridge
- Il s’agit d’une ligne de car-pool (interdite aux voitures qui ne transportent pas 3 voyageurs au moins)
- un panneau précise que l’amende correspondant à l’infraction est de 271 $.
- il y a deux policiers dans le virage.

ACTE II : DPT : Department of Parking and Transportation
1) La rumeur française circule chez les Français : demander à passer en tribunal pour défendre sa cause permet souvent une remise partielle de peine. Forte de ma bonne foi au moment de l’erreur, je me rends au DPT .
2) Après une heure de queue, un employé charmant juge ma demande recevable, me fixe une date de comparution qui ne pourra être changée et me propose un interprète pour la comparution. Non merci. Il finit en disant à la cantonade " Vive la France ! ". Personne ne bronche.

ACTE III : Trois mois plus tard chambre A du tribunal.
1) Entrée et attente dans l’antichambre de la salle d’audience pour lire les consignes affichées “On ne mange pas, on ne boit pas, on ne parle pas, on ne dort pas, on ne lit pas, on ne mange pas de chewing gum dans la salle d’audience”.
2) Dans la salle d’audience, tous les présents, une cinquantaine, jurent collectivement (juge et assistante compris), main droite levée, face au drapeau, de dire la vérité etc..
3) Seule devant le juge, à la barre, il faut répondre à la délicate question : "Plaidez vous coupable ou non coupable? "
Sans dire ni oui ni non, je raconte mes malheurs dans un anglais qui se veut lent, difficile: pas vu, pas compris. Les Bidochon au tribunal.
La juge est hilare, j’ai gagné.
— Je vous ramène l’ amende à 136$. Vous avez un peu de temps libre?
— ???
— Je vous donne la possibilité de remplacer l’amende par 14 heures de travaux d’intérêt public proposés par le projet 20.
Couplet final gentiment paternaliste avant que je quitte la barre :
— Mais rappelez-vous, les car-pool lane, ça n’existe pas en Europe, mais c’est ici que vous conduisez... Bonne fin d’après-midi.

ACTE IV : au projet 20 dans le quart d’heure qui suit.
Je remplis les formulaires où je dois préciser s’il s’agit d’une mise à l’épreuve avant la prison (délinquants primaires), de réinsertion à la sortie de prison ou d’une amende de circulation.
Le travailleur social a le physique de l’emploi : noir, mal rasé, cheveux grisonnants, une veste de cuir fatiguée, la voix et le sourire chaleureux : il me demande mes points forts.
Il tape sur son ordi “french, education”, la machine crache “société de bienfaisance française”.
Je dispose de trois mois pour y faire ces quatorze heures de service bénévole.
Le travail consistera en des recherches sur des sites français sur Internet.

Monday, October 24, 2005

Rosie the Riveter

Visite au nord de la baie de San Francisco du Memorial Rosie the Riveter. De la taille d’un bateau, il a été réalisé à l’emplacement même du chantier naval n°2 où Rosie posait les rivets pour la construction des liberty-ships qui allaient participer au débarquement en Normandie en 1944.

C’est là que cette image si connue, énergique et un peu vulgaire, à mi-chemin entre Popeye et le bras d’honneur, a pris tout son sens : il s’agit bien de Rosie-the-riveter, le symbole de ces 18 millions de femmes américaines qui ont remplacé les hommes dans les industries lourdes au cours de la seconde guerre mondiale.

Au bout du Memorial, au milieu des nombreux témoignages sur la vie de ces femmes, une citation : « Toute modestie mise à part, vous pouvez dire à vos enfants que sans nous, sans les femmes, il n’y aurait pas eu de printemps en 1945 ». Les Rosies, des grandes figures du féminisme américain.

Friday, October 21, 2005

Règlement de copropriété aux Pacific Heights Towers

Le règlement de ce bel immeuble de seize étages au sommet de Pacific Heights a été révisé.
" Art. 1 Chevaux, vaches, chèvres, moutons, lapins, reptiles, pigeons, faisans, volaille ne sont pas tolérés à Pacific Heights Tower. Seuls seront tolérés les chats, chiens et autres animaux domestiques traditionnels à condition que l’élevage et la reproduction de ces animaux ne soient pas faits à des fins commerciales ou en quantités déraisonnables ".
La nouvelle version a été affichée dans l’ascenseur ; personne n’a sourcillé.
Nul doute pourtant que les chevaux, les vaches, les chèvres, les moutons, les lapins, les reptiles, les faisans, les volailles auraient , eux aussi, apprécié la vue !