Sunday, January 27, 2013

Cassia et Curtis

Dimanche dernier, nouvelle visite à Glide Church avec comme objectif de compléter nos interviews pour le film  au delà cette fois des responsables du centre, par celles de bénéficiaires des services de Glide.

Nous avons cette fois encore assisté au service,  particulièrement festif ce dimanche : il faisait grand beau, c'était le jour de Martin Luther King et pour cette occasion, Cassia venait témoigner sur le groupe d'enfants dont elle s'occupe maintenant (cette jeune femme épanouie raconte qu'elle les avait fréquentés tous les dimanches depuis l'âge de 4 ans quand elle était placée en famille d'accueil à cause de très grosses difficultés familiales) .

 Et puis c'était l'investiture d'Obama....  et puis l'après midi, on allait savoir si les 49ers, l'équipe de foot américain de San Francisco allait gagner et se qualifier pour le Superbowl... Car c'est cela la vie de tous les jours dont on parle à Glide dans les "sermons" (comment les appeler autrement ? )

Dans ce contexte, l'officiant, l'orchestre, le chœur, l'auditoire étaient déchaînés ! (Oui d'accord la photo ne vaut rien mais j'essaye de vous restituer l'ambiance !).
Un peu après, nous avons rencontré Curtis, un homme d'une petite cinquantaine d'année, souriant et détendu, arrivé à Glide quand il était au fond du trou, après le décès de son compagnon mort du SIDA, lui même drogué et malade. Glide l'a, dit-il, nourri, soigné, convaincu de sa propre valeur et maintenant, il est clean depuis 9 ans, a repris une vie normale et continue à venir le dimanche comme "usher"pour aider pendant les services.
Et puis, nous avons vu ceux de la food-line qui font la queue en attendant le repas (des repas sont servis 3 fois par jour, dont deux chauds) : il suffit pour en bénéficier de se présenter à l'entrée et de répondre oui à la seule question posée: "vous voulez manger?" On reçoit alors un ticket pour attendre son tour dans la queue.  La quasi totalité sont muets, prostrés, le regard perdu, ignorant complètement leurs compagnons de galère que pourtant  ils doivent côtoyer tous les jours pour les mêmes raisons. Deux ont accepté de nous parler, encouragés par le staff de Glide qui les encadre dans la queue. On sent que ceux-là ont sans doute atteint la toute première marche vers le haut. Les autres y arriveront-ils un jour?
L'autre queue est celle du "lodging"pour ceux qui espèrent un hébergement. A ceux-là, on proposera d'abord un jour d'hébergement, puis deux, puis 3, puis une semaine, puis un mois, s'ils reviennent à chaque fois faire la demande pour l'étape suivante.  Si tout s'est bien passé, ils pourront postuler pour un hébergement définitif.
Glide reçoit maintenant des visiteurs du monde entier  pour bénéficier de leur expérience et de leur savoir-faire. Il y a beaucoup à apprendre, même au delà de la misère au jour le jour. Nous avons été frappés au cours des nombreuses interviews d'entendre citer l'importance de Glide dans  des secteurs aussi différents  que la préparation des lendemains d'un éventuel tremblement de terre ou l'aide aux homosexuels lors des phases difficiles de l'homophobie policière des années 60 ou du SIDA.



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