Tuesday, February 21, 2006

Une autre approche de la Saint-Valentin

Sur les abris-bus de la ville.
14 février 2006 : c’est la date qu’a choisie le mouvement Catholics for a free Choice (cliquez) pour lancer sa campagne en faveur de l’utilisation du préservatif, dans trois villes des Etats-Unis, New-York et San Francisco, deux des villes les plus touchées par le SIDA dans le pays, et Washington DC, ville de décision.

Sunday, February 19, 2006

Gâtons-les

Les 120 000 chiens de San Francisco, sans compter les chats, les lapins nains, les cochons d’Inde, il faut les nourrir, les soigner, les sortir et… les habiller.
Comme pour les chères têtes blondes, on a le choix entre le petit commerce de quartier (souvent de qualité, toujours plus cher, comme cette pâtisserie spécialisée ou le commerce de grande surface. Et là, le champion toutes catégories, c’est Petsmart où vous trouverez tout, de la nourriture, aux accessoires et aux vêtements (la gamme est imbattable!), et même du mobilier.
Pour le chien et son maître, une série de huit cours avec cassette vidéo pour le dressage et la sociabilisation de l’animal. "Une bonne occasion pour se retrouver autour d’un objectif commun" (sic).
Pour éviter sans doute tout risque de procès, les mises en gardes ne manquent pas : "Attention ! la taille du jouet anti-allergique doit être supérieure au diamètre de la bouche de l’animal" (re-sic) .
Petsmart exploite tous les créneaux , immenses magasins et vente en ligne, et toutes les occasions du calendrier. La Saint-Valentin est l’un de ses grands moments. L’autre est Noël, avec ses cadeaux à nœud-nœud vert et rouge, sous emballage papier cristal et les photos de votre animal préféré avec le père Noël pour vos cartes de vœux.
Quand on aime , on ne compte pas !

Saturday, February 18, 2006

Adopt a drain

Jeudi dernier, selon un petit article du Chronicle, dix nouvelles personnes ont répondu à l'appel du directeur des travaux publics d'Oakland pour le projet "Adopt a drain" : il cherchait des volontaires pour l'entretien des bouches d'écoulements d'eau le long des trottoirs.
Voici le petit schéma explicite proposé par les communes du pourtour de la Baie de San Francisco à leurs administrés
(cliquez).
Pas besoin de connaître l’anglais pour comprendre qu’il y a deux systèmes de collectes des eaux, celui des eaux usées qui conduit aux égouts et aux stations d’épuration, et celui des eaux de ruissellement qui finissent dans la baie. Pas besoin d’une formation d’ingénieur pour voir que les grilles ont une importance clé dans le second système : si on y jette des produits polluants, ils finiront dans la baie ; une grille bouchée sera la cause d’inondations en surface.
D’où l’idée de créer un corps de bénévoles pour peindre des logos avec des pochoirs à proximité de ces grilles pour alerter le passant et surtout pour nettoyer les grilles (adopt a drain)
Un contrat est signé entre le bénévole qui s’engage à nettoyer certaines grilles sur un temps donné et la municipalité qui fournit formation et matériel (gilet de sécurité fluo, râteau, gants, petite pelle, sacs poubelle) . Certaines entreprises fournissent du matériel gratuitement aux communes.
Et ça marche : il n’y a plus d’inondations en cas d’orages. Le projet d’Oakland tourne, celui de Berkeley démarre, San Francisco monte le sien....
Personnellement, j'aime bien cette capacité d’engagement civique des Américains, mais quand je raconte ça aux Français - de - France, leurs réactions , tout comme pour le
NERT , sont souvent les mêmes : "-Travailler sans être payés ? La municipalité n’a qu’à…"
Alors ça m’énerve et je ne leur raconte plus rien!

Wednesday, February 15, 2006

La petite boulangerie de Pine street

Je m’étonne toujours que le DPT (le terrible Department of Parking and Traffic) n’ait pas détaché un interceptor en permancence sur Pine st. au coin de Fillmore. Sûr pourtant que le nombre de voitures en double position (… des Français pour la plupart !) une fois verbalisé, couvrirait largement le salaire du préposé aux amendes.
Tout cela pour une petite boulangerie bleue, avec souvent une camionnette 2CV (oui !) garée devant , où on trouve du VRAI pain, des gâteaux dignes d’une rustique patisserie de la campagne française, des macarons et… des madeleines.
La cerise sur le gâteau : le ou la petite stagiaire fraîchement arrivé(e) de l’hexagone (il y en a presque toujours) qui, radieux et soulagé, se précipite sur la voix qui parle français avant de prendre avec effort et application la sacro-sainte feuille de papier qui lui évitera de toucher le pain avec ses mains !
La rencontre des cultures….

Flash mob à plumes pour la Saint Valentin

Ah j'enrage j'enrage, j'ai raté le premier flash mob de San Francisco!
Hier soir à 6h au Ferry Building, alertés par internet, téléphone et bouche à oreille, un millier de personnes, oreiller sous le bras, se sont rassemblées pendant une demi-heure pour une gigantesque bataille de polochon. Sympa non?
Photo Ioerror

Monday, February 13, 2006

Ne l'appelez jamais Frisco

Quand Olivier Gochet a parlé de Frisco dans son article de Profil (samedi 4 février) , Herb Caen a dû, une fois de plus, se retourner dans sa tombe.
Le journaliste a été pendant des années le leader des "Friscophobes", soutenu par la quasi totalité de la population comme la propriétaire de cette laverie automatique située sur Hayes street .


Il y a quelques années, des jeunes qui dormaient sous un arbre à Berkeley se sont fait contrôler par la police : "Nous sommes de Frisco". Ils ont été immédiatement menottés!
Frisco, c'est le terme des touristes. Appeler San Francisco Frisco, disait-on, c'est comme appeler Rachmaninoff Rocky !
Pourtant des jeunes voix se font entendre pour défendre le terme de Frisco, déjà employé au temps de la ruée vers l'or, affirmant que le bannir, c'est une atteinte à la ..liberté.
Alors, Olivier, ne vous faites pas de souci. Vous étiez bel et bien à la pointe de la modernité!

Sunday, February 12, 2006

La parade du nouvel An Chinois (suite et fin)

Après une très belle journée, il a plu, tradition oblige, dans la soirée pour la parade chinoise, ce qui n'a pas empêché 250 000 personnes d'y assister.
Falung Gong n'a pas été autorisé à défiler. (cliquez, article du SF Chronicle ce matin)

Saturday, February 11, 2006

Les escaliers de Vallejo street

Temps splendide sur San Francisco ce samedi. Le quartier italien déploie ses tables de restaurants au soleil sur Columbus, les rues sont bondées, on se croirait au printemps! Le marché chinois sur Stockton tout proche est très animé; dans quelques heures ce sera la parade du nouvel an chinois.
Au dessus, se trouve le Coolbrith Park dédié à Ina Coolbrith, dans le beau quartier de Russian Hill. Cette poétesse et écrivain, que Jack London appelait "sa mère littéraire" résida ici.
Pour accéder à ce parc, il suffit de suivre Vallejo street au pied du quartier italien: la rue devient une volée d'escaliers (... un peu raides!) environnés de végétation. Une fois là-haut, la vue est tout simplement époustouflante, et le jardin avec ses bancs de bois face au panorama, un havre de paix aprés le tintamarre coloré des rues en contrebas. Une autre volée de marche plus haut, la vue s'élargit encore sur la baie.

Friday, February 10, 2006

Be my Valentine! ouaf ouaf!

On dit souvent qu'il n'y a pas mieux pour engager la conversation dans la rue qu'être accompagné d'un chien, ou avec un bébé dans une poussette.
Ici c'est très vrai aussi, mais il suffit de se promener dans les rues pour constater que les chiens sont beaucoup plus nombreux :
il y a 120 000 chiens pour 110 000 enfants dans San Francisco!
Et bien entendu, tout est prévu pour eux, comme un membre à part entière de la famille.
Mais, causons actualité, si vous ne voulez pas que votre petit compagnon à quatre pattes soit frustré, il est grand temps de lui choisir et de lui envoyer une carte pour la Saint Valentin!

Wednesday, February 08, 2006

La parade fameuse du Nouvel An Chinois

La fête bat son plein dans Chinatown et chaque club de jeunes chinois envoie ses dragons virevolter devant les boutiques pour obtenir de l’argent. La grande parade clôturera le tout samedi.
C’est la plus importante des Etats-Unis (plusieurs milliers de participants), mais comme les premiers Chinois sont arrivés il y a un siècle et demi, la parade s’est un peu (beaucoup) américanisée avec le temps. Chaque année, on y retrouve une reine de la parade, le char de la Wells Fargo et de celui de la Bank of America, les fanfares des universités de Berkeley et de Stanford , la’ Chinese American school’ à côté des écoles chinoises et, pour finir, le dragon de plusieurs dizaines de mètres sponsorisé par le Chronicle…. Pas très authentique, tout ça ! De plus, le défilé se déroule généralement sous une pluie battante car, tous les San franciscains vous le diront, il pleut toujours pour la parade du nouvel an Chinois.
Cette année, soleil ou pas, j’ai décidé que je n’irai pas.

Falun Gong: défilera défilera pas ?

En fait, cette année, l’intérêt de la parade chinoise, réside dans une question : Falun Gong y participera-t-il ?
Qui est Falun Gong ?
Le mouvement (sans doute 70 millions de membres en Chine, 30 millions dans le monde) se définit lui-même comme un groupe pratiquant une méthode de Qi Gong (littéralement, exercices sur le souffle vital) profondément ancrée dans la tradition chinoise, visant à l'identification graduelle au principe universel de "Vérité, Bienveillance, Tolérance ".
A San Francisco, on les connaît bien, un groupe " médite " en permanence devant le consulat de Chine pour dénoncer les atteintes aux droits de l'homme perpétrées par Pékin.
En France, Falun Gong est souvent considéré comme une secte, mais ne figure pas sur la liste des sectes établie par la commission parlementaire.
En Chine, c’est un ennemi politique du régime (violemment réprimé avec plusieurs centaines de morts). Faites vous une opinion!
C’est encore pour défendre la cause des Droits de l’Homme en Chine que Falun Gong participe à de nombreuses parades (par exemple pour la Saint-Patrick photo ci- dessous) et veut se joindre à la parade du Nouvel An chinois, sachant que plus d’un million de personnes la regarderont sur place ou à la télé. Une belle vitrine.
Mais la Chambre de Commerce chinoise qui organise l’événement refuse cette participation qu’elle juge politique et les coups volent bas de tous les côtés. De larges pubs publiées dans le Chronicle et dans des journaux chinois affirment qu’il s’agit d’un mouvement homophobe… Le bureau des supervisors de la ville soutient la participation de Falun Gong et un de ses membres a proposé de supprimer les 77 000 $ de subvention de la ville en cas d’interdiction.
Le consulat de Chine a immédiatement fait savoir qu'une telle attitude serait très préjudiciable aux relations Chine-Etats-Unis...
Les Falun Gong ont été interdits dans de nombreuses parades dans le pays cette année ; ils ont défilé à San José à 80 km au Sud la semaine dernière.
Et à San Francisco ?…. Attendons samedi.

Monday, February 06, 2006

La marina en sursis?

Cet ensemble coquet de maisons au bord du port de plaisance de San Francisco, il est bien tentant d'y habiter..
Mais attention, tous les " anciens " vous le diront , c’est un coin à éviter. Il est " shaky ". Ce n’est pas un gros mot, ça veut seulement dire qu’il est très vulnérable en cas de tremblement de terre parce qu'il a été construit sur les gravas de celui de 1906.
Non, ce n’est pas de la superstition, c'est de la physique : en cas de secousse, ces terrains mal stabilisés se liquéfient et les maisons s’enfoncent….
Le tremblement de terre de 1989 en a donné une bonne démonstration. Si vous voulez vous faire peur... jetez donc un coup d'œil!! (vous cliquez sur chacun des mots en couleur)

San Francisco ville européenne?

Olivier Gochet m'a donné carte blanche aujourd'hui sur Profil.

Saturday, February 04, 2006

Le conteur de la blogosphère

Olivier Gochet m'a invitée aujourd'hui, demain et lundi sur Profil, dans la rubrique blog du journal 'le Monde' en ligne.
Est-il journaliste? conteur? photographe? En tout cas un homme de communication, expatrié lui aussi. Il reste discret sur lui même, mais ses portraits de blogueur le révèlent au jour le jour. Ses interviews sont chaleureuses, originales, respectueuses.
Venez me rendre visite sur son blog, et prenez le temps de découvrir ses autres invités, il y a des personnes intéressantes à rencontrer .
Photo Olivier Gochet

Friday, February 03, 2006

Les travailleurs d'un jour

Ces hommes qui attendent sur le trottoir tout le jour un employeur éventuel qui viendra les embaucher pour une journée, ce sont les day laborers ; ils s'alignent sur 12 blocks le long du Cesare Chavez Bd (on ne peut rêver d'un endroit plus symbolique!).
Ce sont des Mexicains sans papier, le plus souvent métis. Ils sont aidés par le SF Day Labor Program gràce auquel ils peuvent entre autres exiger un salaire minimum de 10$ de l'heure.
Il y a quelques années, on estimait à 10 000 le nombre de latinos sans papier à San Francisco. Mais ce qu'on appelle ici "le market of day laborers" est un bon baromètre du flux migratoire et leur nombre s'est considérablement accru.
Les derniers arrivés sont souvent des indiens du Sud du Mexique, la région la plus pauvre. Ils ont créé une sorte de "marché parallèle" sur la 26th street et Folstom. Restant groupés en fonction de leur village d'origine, sans structure d'ensemble, ils acceptent des salaires de 8$, inférieurs au salaire minimum à SF, ce qui inquiète ceux de Cesar Chavez.

Thursday, February 02, 2006

Harry street

San Francisco ne montre certains de ses visages inconnus et envoûtants qu’au promeneur qui prend le temps de parcourir ses collines à pied. Certaines rues ainsi se finissent par des escaliers, et les jolies maisons cachées dans la végétation n'ont pas d'autre accès que ces marches de bois. Vue magnifique, végétation luxuriante, paix assurée, mais... galère garantie pour monter les sacs du marché!

Tuesday, January 31, 2006

Herb Caen

Demain, 9ème anniversaire de la mort d'Herb Caen.
Vous ne savez sans doute pas qui c'est, et pourtant si vous aimez San Francisco, vous vous devez de connaître l'une des gloires de cette ville à la fois provinciale et capitale.
A l'ère du Spoutnik et de la génération beat, c'est lui qui a créé le mot Beatnik.
Ensuite et surtout, il fait partie de la mémoire collective de la ville. Spécial Awards du jury Pulitzer en 1996 comme étant "la voix et la conscience de San Francisco", il a fait de 1935 jusqu'à sa mort tous les matins un éditorial dans le Chronicle, le plus souvent consacré à la ville dont il était complètement accro.
Les billets de Herb Caen confortaient chaque jour les San Franciscains qu'ils vivaient dans le plus bel endroit du monde.."the never ending joy of San Francisco, of being a San Franciscan, one of the few remainding titles a man can take pride..." Aprés la démolition de la rampe du Bay Bridge ébranlée par le tremblement de terre de 1989 et que Caen détestait, la ville a donné son nom à la plus belle avenue : le Herb Caen way, qui longe la Bay du Stade des Giants au Fisherman 's Wharf.
Attendez le 3 avril 2006, je suis sûre que la ville souhaitera un 90ème anniversaire posthume à celui qui finissait toujours ses articles par trois points de suspension et que tout le monde ici appelle mister dot-dot-dot...

Sunday, January 29, 2006

Good Vibrations

Installée à l'arrière de la plupart des bus municipaux de San Francisco, la publicité de Good Vibrations sillonne les rues de la ville, dans l'indifférence générale...
Pour la Saint Valentin, ce magasin spécialiste de l'amour 'clean' a lancé un programme spécial, le Love Lab, disponible aussi sur le web.
Il y a 3 boutiques : une sur Valencia street (en face de la police station), la seconde sur Polk, la dernière à Berkeley. La large vitrine en verre dépoli du magasin évoque un laboratoire médical. A l'intérieur, des rayonnages en verres et en bois clair : c'est net et dépouillé, on se croirait dans une parapharmacie.
Sur les rayonnages, essentiellement des godemichets de tailles, formes et matériaux variés. Sur un mur, quelques accessoires cuir; au fond, une petite librairie spécialisée, devant, quelques savons de massage et des idées cadeaux.
La clientèle de ce dimanche, quelques couples, mais pour l'essentiel des femmes, s'affaire tranquillement. On prépare la Saint Valentin!

Thursday, January 26, 2006

Bullitt

C’était un de mes films préférés… jusqu’à ce que j’habite San Francisco. J’ai encore essayé de le regarder hier, mais non, vraiment non. Le meilleur du film, la course poursuite, ne peut plus être " crédible " quand elle enchaîne par exemple Filbert avec Coit tower dans le fond et Potrero Hills , avec l’espace d’un virage un retour sur Russian Hill. Sans parler de la course sur le Marina Boulvard et de ses redites pour allonger la séquence qui aurait dû finir sur le Golden Gate bridge, mais débouche sur le Guadalupe parkway à 20 miles au sud de la ville !
C’est pour moi comme découper la photo d’un être cher pour en faire un collage avec les morceaux " dans le désordre " ! Perturbant, non ?
Du coup, un petit vent de nostalgie sur la disparition totale de la série " The Streets of San Francisco ", avec Michael Douglas , avec son pantalon patte d’éléphant, en jeune flic du SFPD. C’était bien bien ringard, mais tellement fidèle à la ville !

Wednesday, January 25, 2006

Grant street dans Chinatown

La foule sur Grant, c'est une bonne mesure de l'activité touristique de la ville. Les touristes arrivent de Union Square, happés par le Tori au bas de la rue vers l'alignement des lampadaires refaits à l'identique, avec leur abat-jour rouge coiffant le fût vert, phares dans une mer de tee-shirts, d'objets de jade, de dragons sur soies et de broderies, de laquelle pointent les tourniquets de cartes postales, les dix pour 1 dollar.
J'ai toujours envie de leur dire qu'ils ne voient que le tiroir-caisse de Chinatown. Pourquoi ne pas se rendre sur Stockton st, la rue juste au dessus, pour voir le vrai Chinatown, le poissonnier avec ses carpes vivantes, les cages où caquètent les poules ébouriffées, le droguiste et sa collection de hachoirs, pour y observer les Chinoises faisant leurs courses, tournant et retournant chaque fruit, chaque filet de poisson séché (elles chinoisent quoi!) .
Pourquoi le touriste pressé qui est pour 48 heures à San Francisco au retour des grands parcs californiens préfère-il cette Chine clinquante de pacotille faite pour lui? Dommage!
Mais, comme disait ma grand-mère, on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux.

Monday, January 23, 2006

La relique du rebelle

Petit coup d'œil à la bibliothèque municipale de San Francisco aujourd'hui. J'aime beaucoup l'ambiance dans cette grande bâtisse claire. L'aspect extérieur est extrêmement classique, mais l'intérieur est plus original : tout s'organise autour d'un grand hall circulaire de 6 étages, avec un escalier hélicoïdal, escalier qui a servi plusieurs fois de décor pour des films. Les espaces ici sont larges et agréables, on y travaille, lit, écoute des cd, un peu comme chez soi.
Le premier jet du livre le plus inspiré de Kerouac,"On the road", est exposé pour 3 mois dans les entrailles du bâtiment, au premier sous-sol, sous une plaque de verre protégée par une alarme, tel une icône sacrée. Le manuscrit se présente comme un rouleau de 36 mètres de long et 25 cm de large environ, avec un aspect transparent de papyrus.... mais tapé à la machine, marqué d'empreintes de doigts et de café, déchiqueté par endroits : la relique du 20 ème siècle!
Kerouac l'aurait écrit en 1951, sous amphétamines, non stop en 20 jours. Le document aurait été acheté par l'équipe de football d'Indianapolis pour la modique somme de 2.43 millions de dollars; il est en tournée de présentation dans 18 villes des USA. Son passage à San Francisco a une signification toute particulière pour la City , capitale du mouvement Beat, mais Kerouac apprécierait-il d'être salué si raisonnablement ?!
Les photos du manuscrit proviennent du SF Chronicle.

Friday, January 20, 2006

Aide toi, le ciel t'aidera !

C'est la devise cachée du NERT le Neighborhood Emergency Response Team Training Program, un programme organisé et conduit par les pompiers de San Francisco.
Intriguée, j'ai suivi le stage. L'objectif : motiver et former des citoyens volontaires capables de réagir en cas de catastrophes massives (on pense surtout et d'abord aux tremblements de terre, mais depuis 2001....).
Le cadre : un stage de 6 séances animées par les pompiers (trois heures par semaine à chaque fois) dans une école du quartier ; une cinquantaine de stagiaires participent.
L' approche : d'abord, frapper les esprits par quelques faits chocs. Photos du tremblement de terre de 89, incendie de 1906; statistiques sur les ambulances et les hôpitaux de la ville (par exemple, on vous raconte qu'il y a en général moins d'une dizaine de lits libres pour l'ensemble des hôpitaux de la baie. 7 de ces hôpitaux sont situés sur les grandes lignes de faille de San Andreas et Hayward. Conclusion : en cas de tremblement de terre, non seulement on ne pourrait pas hospitaliser les blessés, mais il faudrait évacuer les malades des hôpitaux!) .
Effet de motivation garanti.
Les grandes lignes de la formation: l'idée fondamentale est d'abord qu'il faut être prêt et autonome en cas de catastrophe pour ne pas alourdir le problème de la collectivité. Apprendre à quitter ou ne pas quitter un lieu donné le plus sûrement possible, à participer à l'évacuation d'autres personnes sans matériel spécialisé.
On apprend ensuite les critères qui permettent de trier et d'étiqueter(oui !) les blessés pour faciliter et accélérer le travail des professionnels (peut attendre, nécessite des soins rapidement, décédé....). Pour la dernière catégorie le moniteur ajoute, compréhensif : "si vous n'arrivez pas à vous décider pour accrocher l'étiquette noire, ne faites rien, ne perdez pas de temps et passez à des cas plus évidents. Les professionnels s'en chargeront pour vous".
L'essentiel des informations théoriques est résumé dans un manuel remis aux stagiaires et disponible sur le web.
On passe ensuite à la pratique (utilisation d'extincteurs, recherche de faux blessés dans l'une des salles de classe dans l'obscurité complète, par groupe, la main sur l'épaule de celui qui précède, l'autre main battant l'air pour explorer).
Puis c'est l'examen final (avec le manuel à la main) et une séance récapitulative avec remise du casque et du blouson et l'enrôlement souhaité mais non obligatoire dans le groupe local de secours.
Et toujours en leitmotiv, le pragmatisme américain: "Connaissez vos forces et vos compétences, apprenez d'abord à vous sauver vous, ne prenez pas de risques, vous ne feriez qu'agraver le problème".
Croyez-moi, on ne sort pas indemne des six séances...
Les photos sont issues du site NERT (photo Gallery)

Thursday, January 19, 2006

Les bruits de San Francisco (2)

Only in San Francisco aussi, la corne de brume qui permet de savoir au petit matin que le brouillard a noyé LE pont en entrant dans la baie et pour ceux qui habitent l'ouest de la ville, qu'il est inutile d'ouvrir les rideaux, on ne voit pas la maison d'en face ....
(La photo du haut est de Jacques Garmier)

Monday, January 16, 2006

Martin Luther King Day

Martin Luther King Jr aurait eu 77 ans dimanche. Le Martin Luther King Day créé par Reagan en 1983 est traditionnellement l'occasion de défilés le troisième lundi de janvier dans les grandes villes américaines, et celui de San Francisco pouvait réunir des dizaines de milliers de personnes jusqu'au Bill Graham Civic Auditorium.
D'année en année, peut être à cause du vieillissement des populations qui ont connu la période terrible des "Civil Rights", certaines "marches" ont été supprimées ou déplacées dans l'année vers des jours plus cléments (ainsi Washington DC l'a placée au printemps).
Cette année San Francisco innove. Les participants sont allés à l'auditorium en bus pour rendre hommage à Rosa Parks qui, en 1955 avait refusé de céder sa place à un blanc à l'avant d'un bus à Montgomery et qui est décédée cette année.
A l'intérieur du Bill Graham Civic Auditorium, le "rally" est bien là . Toutes générations confondues, le public est au rendez-vous, le maire de San Francisco aussi. Discours et spectacles se succèdent sous la direction de Cecil Williams, le charismatique révérend de la Glide Church, l'ambiance est enthousiaste et bon enfant. L'encadrement, impressionnant, est assuré en partie par les volontaires de Glide.
Dehors, des associations politiques de tous bords qui distribuent des tracts, des caméras pour une ou deux interviews, des jeunes blacks bariolés et magnifiques qui rigolent avec insouciance devant l'entrée...
C'est un jour clair et calme d'hiver; je suis surprise de la torpeur ambiante, la ville sommeille, la journée de King s'essouffle....

Schwarzenegger persiste et signe

Le gouverneur de Californie a, cette fois encore, refusé la grâce d'un condamné à mort. Clarence Ray Allen, 76 ans, aveugle, presque sourd, dans un fauteuil roulant, sera exécuté tout à l'heure à minuit à la prison de San Quentin au nord de San Francisco.
Victime d'un arrêt cardiaque en septembre dernier, il avait été ranimé pour rejoindre le couloir de la mort où il est depuis 23 ans.
Photo ci-contre: Tract distribué cet aprés midi au Bill Graham Civic Auditorium lors du Martin Luter King Day

Saturday, January 14, 2006

Les bruits de San Francisco (1)

Bien sùr, ici comme dans toutes les villes américaines, les oreilles sont agressées par les aboiements rauques des camions de pompiers, la sirène stridente des voitures de police et les youyous des ambulances.
Mais ce qui est unique,c'est le tintinnabulement du cable-car qui passe, et le tintement de ses 2 cloches : la sérieuse dit au grip-man qu'il peut repartir aprés l'arrêt, la guillerette annonce tout à la fois l'humeur de son conducteur, et l'arrivée du cable car au croisement. Only in San Francisco.
Aprés son passage, et en attendant le suivant, il reste le zézaiement du câble tracteur dans sa goulote au milieu de la chaussée.

Friday, January 13, 2006

49 mile drive

Les San Franciscains sont tellement fiers de leur ville qu'ils ont établi et balisé un circuit qui permet de passer devant toutes les curiosités de la ville. Sauf que si vous êtes consciencieux et essayez de le suivre, vous n'aurez le temps de rien voir et vous serez seulement passés à côté de l'essentiel (ne serait ce parce qu'on ne peut JAMAIS se garer à coté de l'essentiel)

Tuesday, January 10, 2006

C'est une maison bleue

C'est une maison bleue, adossée à la colline, on y vient à pied... aïe! on commence à erafler ce mythe de San Francisco, on l'a souvent surélevée pour lui faire avaler un garage, et ceux qui vivent là n'ont pas jeté la clef : évidemment, vu le prix au m2! Pourtant elle dégage encore tellement de charme et de poésie...

Sunday, January 08, 2006

Magie noire sur Valencia street

Allons, un peu d'irrationel dans ce monde sans pitié!
Un petit coup de pouce pour réaliser vos voeux les plus secrets pour l'année 2006? La boutique Botanica Yoruba, 998 Valencia street, contient ce qu'il vous faut : amulettes de protection, poudres diverses pour jeter des sortilèges (n'hésitez pas à consulter la dame à la caisse pour les cas spéciaux), sprays pour améliorer la chance ou répandre le bonheur dans la maison, mais surtout un assortiment d'innombrables bougies de toutes les couleurs et consacrées pour toutes les situations, qui cohabitent avec des vierges et des statues exotiques. Mon préferé reste le kit pour éloigner le démon!
Yolanda et ses collègues sont adorables, on y parle espagnol, un grand respect est de mise, et il y a du monde pour acheter les grigris.

Saturday, January 07, 2006

L'interceptor

Les Français-de-France sont très impressionnés par le nombre et la diversité des pancartes qui limitent le stationnement à San Francisco ; les plus perfides sont les plus avenantes, celles qui autorisent deux heures de stationnement sans parcmètre, sans rien, gratuitement…mais sans aucune indulgence en cas de dépassement.
Comment font-" ils " pour savoir que vous êtes restés trop longtemps ?
Une seule réponse : l’interceptor ! C’est une bagnolette électrique du DPT (Department of Parking and Traffic), carrée et silencieuse qui fait tout pour être discrète malgré son mini-gyrophare, et son conducteur.
Le parfait attirail de l’interceptor est simple :
- Pour le premier round, une grande baguette :à son extrémité, une craie de couleur avec laquelle il marque sans même ralentir le pneu arrière de toute voiture en stationnement.
- Pour le second, 120 minutes plus tard, un petit ordinateur avec lequel il verbalise efficacement toutes les voitures qui présentent encore le trait de craie……
C’est simple et ça peut rapporter gros… à la ville...

Thursday, January 05, 2006

Rubrique people : Rodin

Le Musée de la Légion d'Honneur affirme posséder la plus belle collection au monde de bronzes de Rodin, premier rang que revendique aussi le musée de l'université de Stanford à 80km de là.
Le musée Rodin de Paris, lui, ne revendique rien.
La collection de la Légion d'Honneur a été offerte par Alma de Bretteville, l'épouse de Spreckels, le magnat du sucre (c'est aussi Alma qui a fait construire avec l'argent de son époux le Parthénon de l'Ouest, demeure actuelle de Danielle Steel... vous me suivez?)
Bref, Alma a passé un certain temps dans l'atelier de Rodin à Paris. Les mauvaises langues prétendent qu'elle a été la maitresse de Rodin, ce qui expliquerait l' absence d'oeuvre de Camille Claudel dans les collections offertes par Alma.
Mais cela ne nous regarde pas ...

Tuesday, January 03, 2006

Le palace of Fine Arts

Avec sa coupole dorée, sa rotonde et son lagon, il fait partie des paysages caractéristiques de la ville, passage incontournable pour les mariages asiatiques de la baie qui viennent s’y faire photographier.
L’histoire de cette bâtisse est aussi extraordinaire que celle de l'Exploratorium qu'il héberge.

Cette curieuse construction a été conçue en 1915 par Bernard Maybeck pour la « Panama Pacific international exposition », de même que le lagon dans lequel elle se reflète toujours.
L'architecte a voulu lui donner d’emblée l’allure d’une ruine classique pour montrer entre autres « la vanité des vœux de l’Homme ». Les pleureuses tournées vers l’intérieur de la coupole étaient censées arroser de leurs larmes des jardinières de fleurs qui ne purent jamais exister.. faute de crédits.
A la fin de l’exposition, on décida de la conserver et le bâtiment eut des devenirs divers : cours de tennis, entrepôts…
Au cours des années 60, vandalisé et sans entretien, le Palace était une authentique ruine.
En 64, démollition puis reconstruction à l’identique.
En 65, Frank Oppenheimer y installe son Exploratorium reconnu en 2005 comme premier musée scientifique du monde par ses pairs.Drôle de destin.

Sunday, January 01, 2006

Bonne année à tous et bon courage à ceux qui vont la démarrer avec de bonnes résolutions!
Ma bonne résolution est modeste, consulter de temps en temps le super site Watching America (revue de presse des journaux dans le monde avec les principaux articles qui concernent les Etats Unis) , pour sortir un peu du psychodrame permanent franco-américain. Je n'ai pas trouvé de site équivalent pour la France, quelqu'un a une idée?