Friday, August 12, 2011

L'immigration chinoise à San Francisco


Voici comme annoncé, l'immigration chinoise à San Francisco racontée par Philip Choy.

On suppose toujours que, comme pour les autres immigrants, les Chinois sont venus pour fuir la pauvreté de leur pays. Mais l'histoire des Chinois venus en Californie n'est pas si simple.....


D’autres facteurs ont joué un rôle important : au début du 19è siècle, la Chine était atteinte par l’action des Européens et des étrangers qui voulaient découper la Chine en fonction de leurs sphères d’intérêt, ce qui a perturbé considérablement l’économie chinoise et le peuple chinois. Des Chinois sont alors partis vers le monde entier, pas seulement aux Etats-Unis. Et quand l'or a été découvert, la région est devenue l'une des régions plus attirantes. Par ailleurs, le développement de la région demandait une main d'œuvre importante, en particulier pour la construction du chemin de fer. A l'époque, la plupart de la population venait de la province du Guangdong et parlait cantonais.

Quand l'ouest a été développé, la venue des Chinois était moins bien acceptée et en 1882, elle fut carrément interdite.

A partir de 1950, les lois sur l’immigration ont changé et la population de Chinatown comprend maintenant des gens venus du monde entier, une population totalement nouvelle venue d'Asie du Sud-Est, Afrique, Amérique du Sud, et même de Chine et de Hong-Kong. On y parle autant le mandarin que le cantonais.

Chinatown, c'est le cœur du vieux San Francisco, où à l'époque de la ruée vers l'or toutes les ethnies cohabitaient. Quand la région s'est élargie, les autres ethnies sont parties vers la périphérie de la ville pour trouver plus d'espace, les Chinois sont restés, occupant les habitations laissées libres et donnant son caractère chinois au quartier.

Le phénomène se poursuit encore sur North Beach, où les Italiens laissent progressivement la place aux Chinois. Il en est de même dans l'ancien quartier russe, vers Clement Street, à l'Ouest de la ville et plus généralement dans Sunset.

Après le tremblement de terre de 1906, les Chinois ont "marqué leur territoire" en reconstruisant dans le style de leur pays.

Et tout cela donne le Chinatown que vous connaissez.



Thursday, August 04, 2011

Philip Choy (1)
























Les rencontres pour le film nous ont conduits vers Philip Choy qui nous a reçus chez lui. Son œil pétillant, son verbe souvent insolent et une parfaite maîtrise de son sujet (il est l'ancien président de la société d'histoire chinoise de la baie) m'ont conquise.
Un vrai San Franciscain. Il est né et a grandi à San Francisco, passant les vingt premières années de ma vie à Chinatown, dans la communauté chinoise. Du côté maternel, c'est un san-franciscain de troisième génération, ses grands-parents étaient là avant 1882. On le sent fier de ses petits-enfants de cinquième génération.
Sa mère a épousé un Chinois, né en Chine qui s'appelait Wou et à l'époque l'"exclusion act"interdisait l'entrée d'un étranger et son père a dû acheter un certificat de naissance disant qu'il était le fils d'un citoyen américain appelé Choy. Wou était devenu le "fils de papier " de Choy. Au 19è siècle, les Américains de la côte ouest ne voulaient que des Blancs pour occuper la Californie et les Chinois n'étaient pas vraiment les bienvenus. Et il ajoute, malicieux : "Les choses n'ont pas tellement changé maintenant, même si ce ne sont plus les Chinois qui sont visés".
Il nous a expliqué dans le détail le pourquoi et le comment de l'immigration chinoise, avec journaux d'époque à l'appui. Je vous garde ça pour une autre fois!
Quand on lui demande s'il se sent chinois ou américain, sa réponse: "pendant les 20 premières années de ma vie, je n'ai pas eu le choix, maintenant je suis américain!"


Friday, July 15, 2011

Maupin, encore!

J'avais acheté avec enthousiasme le N° 7 de la série des Chroniques de San Francisco de Maupin et avais été très déçue par ce mauvais roman libidineux.
C'est donc par "pure conscience" et quelque peu résignée que j'ai acheté, le N° 8, Mary in Autumn
..Et ce fut une bonne surprise ! On retrouve la ville "comme si on y était", les personnages des premiers tomes classiques, dans une histoire qui se lit agréablement. Des Chroniques revues aux nouvelles technologies, où skype, facebook animent - sans excès - l'histoire.
Pour les paresseux, la version française est sortie.
Un bon livre de vacances...

Thursday, July 07, 2011

San Francisco, toujours premier!

Cette fois, San Francisco a été classée ville la plus verte de toute l'Amérique du Nord devant Vancouver et New-York.
Les critères étaient au nombre de 31, certains qualitatifs, d'autres quantitatifs, résumés par les graphes suivants.

L'interdiction des sacs plastiques dans les supermarchés et le composting obligatoires ont joué un rôle important dans la décision.
Curieusement les San Franciscains ne semblent pas si fiers que ça de la distinction et beaucoup profitent des colonnes du Chronicle pour dire leur mauvaise humeur

Tuesday, June 28, 2011

Tout est bien qui finit bien

Même si son concert n'a pas eu lieu, Maxime le Forestier a dû repartir content de son retour à San Francisco 40 ans après son passage à la "maison bleue".
Il s'est laissé surprendre et émouvoir par le petit groupe de Français venus chanter à Dolores park alors qu'il passait là pour une interview, il a pris la guitare qu'on lui proposait et a chanté assis dans l'herbe avec eux .
Tout ce petit monde, et bien d'autres, s'est rendu ensuite au 3841 1B th où sur la maison dûment repeinte en bleu, MLF , en présence de notre Consul Général Romain Servan, a dévoilé la plaque qui maintenant confortera tous les touristes dans leurs recherches.


photos Chrislem.
La fille du propriétaire dit habiter maintenant dans une "giant blueberry", nous dirions une myrtille géante et nos amis canadiens un bleuet géant!

Thursday, June 23, 2011

Flash-mob à l'Exploratorium

Samedi dernier, un (e ?) flash-mob s'est déroulé(e) à l'Exploratorium.

Et si vous en demandez encore, vous pouvez aller voir cette autre vidéo, tournée par Marcus, de l'Exploratorium.
Mais, en fait, ce que vous pensez, c'est que vous auriez bien aimé être là, non ? Moi aussi !

Saturday, June 18, 2011

Bleue comme dans la chanson (suite)


Eh! oui le concert de Maxime Le Forestier a été annulé pour une histoire de visa de travail.
Mais la peinture en bleu de LA maison n'a pas été annulée, elle, et elle pourra bientôt être vue comme elle a été tellement rêvée et cherchée!

Wednesday, June 01, 2011

La fameuse maison bleue

Les deux thèmes qui reviennent le plus souvent chez les lecteurs de ce blog après avoir googlelisé sont "la maison bleue" et "les phoques".
Manifestement, tout le monde (enfin... les français) cherche à trouver cette maison bleue qui était restée mythique jusqu'à un article publié au mois d'août dernier. Il y avait eu alors comme un vrombissement dans la communauté française, mais je n'avais pas voulu casser le mythe et je n'en ai pas parlé.
Cette fois, Maxime le Forestier, 40 ans après, revient à San Francisco et chantera au Herbst Theatre le 24 juin. Il faut laisser éclater la vérité!


La maison bleue est au 3841 de la 18th street, et ô horreur , elle n'est plus bleue! Mais il y a un projet de la repeindre en bleu.

photo Chris Lem

Pas sûre que les propriétaires actuels se rendent compte de ce qui les attend ! Quand le film Mrs Doubtfire" avait été tourné sur Pacific Heights, les propriétaires de la maison lassés des attroupements devant leur maison avaient vite parlé de nuisance, de perte de valeurs de la maison...
Pour finir et pour se replacer dans le contexte de l'époque...

Une éminente traductrice de la baie que beaucoup reconnaîtront prépare une version anglaise de la chanson, pas assez rôdée paraît-il pour vous en faire profiter. Je vous tiens au courant bien évidemment!
Dernière minute : si vous voulez venir tester la traduction et répéter quelques chansons de MLF avant le concert, soyez le 22 juin de midi à 14 heures au Dolores Park. On finira avec quelques chansons de Brassens.

L'Exploratorium fait ses valises

Depuis 40 ans, l'Exploratorium est l'une des valeurs sûres de la ville, bien avant la construction des "nouveaux" musées qui font la célébrité de la ville, comme le MOMA, le deYoung et la Californian academy. Sa "nouvelle" approche d'un musée scientifique a depuis, inspiré la plupart des musées scientifiques dans le monde entier.

Son site, au bord de la baie et dans le beau bâtiment du Palace of Fine Arts, avec sa coupole dorée contribue à son charme.
Pourtant cette localisation au bout de la Marina le rendait peu accessible en transport en commun, son succès faisait qu'il manquait d'espace...
Alors, il y a plusieurs années, on a décidé de le déménager. Il a fallu lui trouver un espace et après plusieurs locaux candidats envisagés, la merveille a été retenue : les jetées 15 et 17 (ici on dit les Piers) en bord de baie, entre le Ferry Building et la Pier 39 le site touristique le plus visité des USA, tout près de l'arrivée des ferries d'East Bay , du BART et du Caltrain.

Le temps d' obtenir les autorisations de la ville, du port etc... et lever plus de 200 mllions de dollars. et nous y voilà cette fois. Ça y est. Le chantier a démarré à l'automne...
La structure des hangars rappelle furieusement celle du bâtiment originel , en plus grand. L'esprit sera facile à conserver d'un bâtiment à l'autre.


Si vous voulez avoir une idée du futur Exploratorium, regardez cette video.
Ouverture prévue au printemps 2013. D'ici là, le site originel fonctionne encore pour un moment.

Tuesday, May 24, 2011

Les "Sunday Streets"


Un dimanche par mois, a lieu en ville le "Sunday streets". Dans un quartier choisi, les rues sont barrées créant des espaces de liberté sans voiture, où les familles viennent se balader, faire du vélo, regarder des spectacles de rue, découvrir des quartiers de la ville...
Le mois dernier, la fête était à Mision et le quartier noir de monde.
Même Monsieur le Maire, Ed Lee, était venu participer aux festivités.

La prochaine journée sera le 12 juin, sur Bayview. Pour en savoir plus, c'est ici.

Saturday, May 21, 2011

Le stationnement à San Francisco (suite de la suite!)

Plusieurs d'entre vous par leurs commentaires m'ont souvent taquinée, me considérant comme une obsédée du stationnement. Incurable, j'y reviens encore une fois.
Le stationnement est toujours aussi difficile dans la ville malgré des tarifs qui augmentent en permanence. Du coup, la ville a dû investir dans de nouveaux parcmètres, petites merveilles technologiques qui acceptent les cartes de stationnement vendues par la ville, les cartes de crédit et... les bons vieux quarters.
Alors, pourquoi se plaindre ? Parce qu'un quarter ne vous apportera dans certains quartiers que 2 minutes de stationnement, oui 8 minutes pour un dollar... Si vous cherchez un peu longuement les pièces dans vos poches, le temps est déjà dépassé !
Et on annonce encore de nouvelles augmentations !...

Monday, May 16, 2011

La 100 ème


C'était dimanche la 100 ème de Bay to Breakers (alias B2B) , la course folle qui traverse la ville tous les 3èmes jeudis de mai. Version particulière à cause du chiffre certes, mais aussi parce qu'on avait eu très peur l'année dernière que ce soit la dernière, après le retrait d'un sponsor important et les plaintes des riverains devant les nuisances causées par des participants gavés d'alcool... en particulier à la recherche désordonnée de toilettes !
La course est devenue Zazzle-Baytobreakers, a eu 55 000 participants inscrits et on a multiplié les interventions en douceur de la police qui se contentait dans un premier temps de vider tout contenant d'alcool. Autre détail : la course partait à 7h au lieu de 8 pour inciter les fêtards à rester au lit !
Les "bare to breakers", ceux qui courant tout nus, contrairement au règlement, ne semblent pas avoir été verbalisés comme c'était le cas en 2009.
Bilan : satisfecit général.

Photos Chronicle
Ouf ! la course est sauvée. En fait, croyait-on vraiment qu'elle était menacée? Une telle institution ?!

Thursday, May 05, 2011

Isabelle de Borchgrave




Une superbe exposition au musée de la Légion d'Honneur : Pulp fashion qui présente les œuvres de l'artiste belge Isabelle de Borchgrave.
Sont présentés de vêtements, réalisés entièrement en papier, copies de robes de toutes les époques à partir de tableaux (une série Médicis est particulièrement belle).
Malheureusement les photos sont interdites et pour voir une de ces dames en pied, il faut se contenter de l'affiche officielle : oui, tout est papier, peint, doré, plissé, repassé, bouillonné...
Les plus attachants sont sans doute les quatre réalisés pour l'expo à partir de quatre tableaux du musée.
Si vous êtes à San Francisco, précipitez-vous pour ne pas la manquer.
Sinon, pour avoir tout de même une idée de la richesse de ses œuvres, allez sur son site d'où j'ai extrait cette photo.

Monday, May 02, 2011

Cinco de Mayo


Quand le St Francis, le grand hôtel de Union square, fait flotter le drapeau français le 14 juillet, je trouve ça sympa, mais hier c'était le drapeau mexicain pour le Cinco de Mayo qui était visible de toute la place et, allez savoir pourquoi, j'ai trouvé ça moins bien !
Bonne joueuse, je me suis tout de même régalée d'une excellente margarita dans l'allégresse générale.

Sunday, May 01, 2011

1er mai in San Francisco

C'était un grand jour pour la ville, l'Opening of the Bay avec la reprise des régates et surtout après des années, la levée de l'interdiction de la pêche au saumon pour cause de raréfaction.
Pour nous, d'abord un brunch au soleil chez des amis à Marin

Retour en ville par la Marina en fleurs, les familles et les cerfs-volants sont sortis,


avant d'aller faire des courses : ici tout est ouvert, dimanche et/ou 1er mai ou pas. Seul le Cheese-board à Berkeley est fermé par solidarité avec tous les travailleurs du monde.
Et ce soir, la grande nouvelle : la mort de Ben Laden, une sorte de 9-11 à l'envers, où les Américains téléphonent, se regroupent, pour fêter comme une dignité retrouvée.

Sunday, April 17, 2011

San Francisco, capitale financière de l'Ouest

San Francisco est vue le plus souvent comme une ville touristique, ou bien on l'associe à la Silicon Valley; mais on oublie trop que la ville est en fait une très vieille cité, à l'aune américaine, bien sûr, qui remonte à la ruée vers l'or et depuis toujours au cœur du business de la région.

Beaucoup d'entreprises se sont créées ici au cours du temps et San Francisco a été le centre financier qui les a soutenues, tant au moment de la ruée vers l'or que dans la période actuelle. Los Angeles n'a pris son importance qu'après la deuxième guerre mondiale.

La Wells Fargo a été la première banque de l'ouest. Créée dès 1852 et organisée d'abord comme une société de transport de l'or (en diligence!) , puis de son stockage, elle a pris progressivement le statut de banque pour financer l'essor de la région.



Dans la rivalité permanente qui oppose San Francisco à New York, (un peu la province contre la grande ville), il est incontestable que New York a une place commerciale plus importante avec un champ d'action plus global. Mais New York reste très centré sur l'Europe, alors que San Francisco a toujours été tourné davantage vers l'Asie, ce qui est de plus en plus important avec le développement de la Chine. De plus le caractère très innovateur de la Caifornie a fait que l'industrie du capital-risque est un concept essentiellement san franciscain : 30 à 40 % du capital-risque américain est investi dans 3 ou 4 counties ici et San Francisco est pour l'essentiel la base financière et juridique de la Silicon Valley.

C'est pour tout cela que ma banque préférée ici est la First Republic : au départ une petite banque locale créée à partir de rien il y a 25 ans, qui a ensuite gagné toute la Californie et est maintenant solidement implantée jusqu'à New York. Très san-franciscaine, quoi! Et de surcroît ils ont un sens du client hors norme.



Thursday, April 07, 2011

La poste du Far-West


San Francisco est tout à l'ouest des Etats-unis.
Sunset est tout à l'ouest de San Francisco.
Alors, oui, Sunset c'est le Far-West.
La preuve...

Photos Emma Serroy-Leaf

Monday, April 04, 2011

Fantomas by the Bay

Bon anniversaire, Fantômas, pour tes 100 ans !
C'est en effet en 1911 qu'est sorti le premier livre sur Fantômas, l'anti-héros, par P. Souvestre et M Allain en français. De février 1911 à mai 1913 , 28, oui, 28, tomes sont parus.
Depuis, le personnage a été l'objet de traductions, d'adaptations au cinéma et de versions ... en e-books. Fantômas a toujours été à la pointe du progrès !
Pour les adaptations cinématographiques, la première vague a eu lieu en France en 1913/1914 et en muet (disponibles en DVD). Une autre version en muet, américaine celle-là en 1921. En 1931, la première version parlée. Après guerre, le tandem Fantômas-Jean Marais/ Juve -de Funes fut un grand succès en 1964 en plusieurs épisodes.
Pour tous ceux dont les souvenirs ne vont pas bien au-delà de ce blockbuster et veulent en savoir plus, tout ce foisonnement est évoqué dans une grande manifestation organisée par le Citylightsbookstore , par le Consulat de France et et par la Mechanics'Institute library à partir du 6 au 9 avril. Allez-y vite.

Tuesday, March 29, 2011

Témoignage d'une famille homoparentale à San Francisco

Liz et Peggy sont les mamans de Michael, 17 ans. Elles vivent ensemble depuis 1983 et se sont mariées en 2008 . Au moment où Gavin Newsom avait autorisé le mariage des couples de même sexe juste après son élection de maire en février 2004, Liz et Peggy avaient préféré s'inscrire plutôt que de faire la queue pendant des heures autour du block du City Hall sous la pluie. Avant que leur date de leur rendez-vous soit atteinte, la cour de Californie avait interdit les mariages homosexuels, interdiction reconnue ensuite comme discriminatoire et contraire à la constitution californienne. Elles ont profité du deuxième créneau en 2008 avant la nouvelle suspension .
Leur mariage reste légal, au moins en Californie. Elles ont tous les avantages sociaux et impositions des gens mariés à l'échelle de l'état, mais pas les avantages et impôts fédéraux. Elles ne savent pas trop ce qui se passerait si elles décidaient d'aller dans un autre état américain... ce qu'elles n'envisagent absolument pas !
Michael est le fils biologique de Liz, mais Peggy a pu adopter le garçon (ce qui n'a été ni automatique ni même simple ) et elles sont donc parents à part égale ( son certificat de naissance ne porte pas la mention" père et mère", mais "parents").
Au cours des dernières années, elles ont senti une évolution nette sur l'acceptation de leur type de famille. Au cours des premières années de Michael , les écoles ne posaient pas de question "don't ask don't tell", maintenant les choses sont plus ouvertes, au moins dans l'école qu'elles ont choisie.
Elles insistent pourtant sur le fait que San Francisco est une "bulle" particulièrement tolérante, (même s'il y a encore de temps à autre quelques attitudes hideuses) : elles n'auraient pas voulu que Michael grandisse ailleurs, pas même dans certains coins tout proches de East Bay.
Mais Liz conclut de façon optimiste : "Il a fallu 130 ans pour que les femmes acquièrent le droit de vote dans ce pays et à l'échelle de ma vie, il y a de tels changements sur l'acceptation de nos familles, qui gagnent la Californie et progressivement l'ensemble du pays que nous sommes, je pense, sur la bonne voie".

Monday, March 21, 2011

La philanthropie à San Francisco

Vous avez sans doute vu à l'entrée de chaque grande organisation culturelle (musées, Opéra, Symphony etc...) la liste des donateurs qui ont permis leur réalisation et/ ou leur fonctionnement. L'importance de la philanthropie est énorme pour la ville.
Pour le film, nous avons eu la chance d'interviewer sur ce point Bernard Osher, dit "the quiet philanthropist" qui figure, directement ou par l'intermédiaire de sa fondation Barbro Osher, parmi les plus généreux donateurs de tout le pays.

Pour lui, la philanthropie à San Francisco remonte à la ruée vers l'or, à une époque où aucun argent public n'était disponible et où les immigrants d'Europe ou d'Asie avaient des souhaits de culture.
Nous avions choisi de le filmer dans le jardin du musée de Young, né grâce à la Fondation Osher, (ce dont il s'est bien gardé de parler compte tenu de sa légendaire discrétion). Le musée, reconstruit après le tremblement de terre de 1989 a coûté 200 millions de $. A deux reprises, la ville avait mis au vote des citoyens la souscription d'un emprunt pour cette construction, deux fois la proposition a été rejetée. Son financement a donc été uniquement privé.

L'argent provient essentiellement de vieilles familles san franciscaines et très peu de la Silicon Valley qui n'a pas encore tellement cette culture et quand elle apporte de l'argent, elle le fait surtout dans la péninsule.
Cette philanthropie san franciscaine bénéficie aussi bien aux musées (pour lesquels on a pu faire venir de grands architectes (comme Botta pour le MOMA, et Herzog et de Meuron pour le de Young par exemple), qu'au Symphony et à l'Opera, aux universités prestigieuses comme Stanford , Berkeley, UCSF (et ses deux prix Nobel récents) , aux hôpitaux, à l'éducation de communautés peu favorisées etc...
Une dimension toujours surprenante pour des Français.


Thursday, March 10, 2011

And the winner is....

Si vous en avez assez du burger si vous êtes de ce côté de l'Atlantique, ou du jambon-beurre si vous êtes de l'autre, voici une superbe recette de sandwich ; de surcroît il peut vous permettre aussi d'écouler des restes d'un repas dominical trop copieux, et tout particulièrement celui de Pâques.

Easter Monday Sandwich
Servings: 2

Ingredients:
1 medium-sized red pepper (or 4 jarred piquillo peppers from Spain)
4 slices extra sour light rye bread with cumin seeds Wiedemeyer brand if available)
1 garlic clove
Mayonnaise
Leftover leg of lamb - cold
Sheep milk feta
4 sprigs fresh oregano
Pepper mill

Directions:
1. Prepare ingredients:
- Broil all sides of red pepper until charred. Set aside in paper bag until cool.
- Carve pink part of leg of lamb to make 8-12 small thin slices, set aside.
- Peel and seed bell pepper - Cut into 8 to 12 wide strips, set aside.
- Rinse and pat dry oregano sprigs, peel garlic clove, set aside.
- Cut 4 to 6 slices of feta, set aside.

2. Assemble sandwiches:
- Toast bread slices until golden.
- Rub garlic clove lightly on inside sides, spread mayo on same sides.
- Layer lamb, red pepper and feta.
- Place oregano sprigs on top (If stems are woody, only use leaves.)
- Give a few grinds of fresh black pepper
- Cover with other bread slices, press gently with your hands to bind everything together. Cut each sandwich in half.

Pourquoi cette recette sur le blog de Geneline? Parce qu'elle a été parmi 800 concurrents, la gagnante du concours du meilleur sandwich organisé par la Southwest airlines. La lauréate, Catherine Martineau, est française et habite la baie depuis bien des années.
Alors Cocorico! Only in San Francisco! Je ne pouvais tout de même pas vous laisser passer à côté à un mois de Pâques!
PS: Catherine est aussi Executive Director de Canopy, une organisation à but non lucratif cousine de la FUF de San Francisco. Faites un tour sur leur site. L'organisation est de la même qualité... que le sandwich!

Wednesday, March 02, 2011

Howl, le film

Un fameux pari que ce film sur le grand poème d'Allen Ginsberg (1955) et seulement sur lui. Je n'en connaissais que les premières lignes:
"I saw the best minds of my generation destroyed by madness, starving hysterical naked,
dragging themselves through the negro streets at dawn..."
et sa réputation : présentation publique de l'homosexualité (interdite à l'époque, rappelons-le) de l'auteur, de la drogue, des modes de vie et des idées de la contre-culture de la beat generation,
Et le film a comblé bien des lacunes.
Il commence par la première lecture du texte par son auteur, en privé, en 1955 à San Francisco, mais il combine élégamment des séquences d'un dessin animé surréaliste soutenues par le texte du poème , et celles du procès de 1957 pour "obscénité " fait à Ferlenghetti, son éditeur (toujours propriétaire de la librairie City lights bookstore sur Columbus). Le livre avait été interdit, les exemplaires imprimés en Europe détruits ; l'interdiction fut finalement levée.
Poème dédié à Carl Salomon que Ginsberg a connu et aimé à Rockland, un hôpital psychiatrique où il avait fait un bref séjour, il apporte avec force toutes les idées de la contre-culture, en particulier son hostilité violente à la civilisation désastreuse dans laquelle nous vivons qu'il symbolise par le nom de Moloch (cliquez pour en voir un extrait avec son illustration dans le film).
Le film était prévu en France pour janvier. Sa sortie ne devrait pas tarder. Pas sûre qu'il attire les foules. Ne le ratez pas.


Sunday, February 20, 2011

La parade du Nouvel an chinois.



Il avait fait beau toute la semaine précédente, mais cette année encore, les dragons de la parade du Nouvel an chinois ont défilé sous une pluie battante : une sorte de tradition.... Dommage de ne pas pouvoir profiter de toutes ces couleurs avec une météo compréhensive.

Photos Chronicle

Malgré cela, recevez tous nos vœux pour cette nouvelle année chinoise. L'année du Lapin comme c'est le cas cette année, l'usage est de se souhaiter de "sauter plus haut que le lapin".
Voilà qui est fait.

Wednesday, February 16, 2011

Le "garage" de UCSF


Si je vous parle du garage de UCSF à Mission Bay, vous penserez à ce gigantesque parking sur plusieurs niveaux, face à l'université, qui se remplira quand les locaux seront finis.
Mais quand je vous parle du "garage" (oui, avec des guillemets), on entre dans le langage spécifique de la Baie et à l'origine, de la Silicon Valley.
Pour les autochtones, LE garage est une allusion à celui de Palo Alto, devenu maintenant 'landmark' (monument historique) où Hewlett et Packard ont donné naissance à ce qui allait être la Silicon valley (la photo date de 1939) à partir de nombreuses start-up dans le domaine des High Tech.

Le "garage" de UCSF reprend cet esprit pionnier dans le domaine des biotechnologies. C'est en fait un incubateur de start-up.


Là de jeunes entrepreneurs trouvent pour un prix modeste une sorte de "gîte et couvert" scientifique sur une paillasse de quelques mètres et l'accès à quelques matériels collectifs : pendant deux ans, presque sans mise de fond, ils pourront tester, développer leurs idées et... convaincre des investisseurs pour passer à l'étape suivante d'une véritable entreprise. C'est dans ce cadre que travaille l'homme aux araignées dont je vous ai déjà parlé.
C' est un des éléments qui montrent bien la nouvelle spécificité de San Francisco : les biotechnologies.

Thursday, February 10, 2011

1912, c'est quoi?

2012 ? Ça vous évoque quoi ?
- Les élections présidentielles en France ? bof un peu franco-français...
- Les JO de Londres?les JO c'est tous les quatre ans.... répétitif !
Plus sérieusement, cette grande date, ce sont les 75 ans du Golden Gate Bridge le 27 mai 2012. Les préparatifs, c'est parti ! Il lui faut faire peau neuve. Pour cette date il aura été repeint de A à Z. Et ce n 'est pas de tout repos.
Depuis des mois, on ne pouvait plus circuler sur la voie cycliste à l'ouest, ramenant la cohabitation malaisée avec les piétons sur le côté est. Côté ouvriers, même quand il viennent se mettre bien au chaud dans leur abri, ils sentent le pont bouger sous le vent. Le brouillard a encore rendu les choses plus difficiles quand il empêchait de voir l'eau à 100 m ou presque au -dessous, le tout sous les vrombissements répétés de la corne de brume.


Ajoutez à cela qu'on ne peut pas peindre sur des surfaces humides...

Photo Chronicle
La construction avait posé des problèmes de toute nature: financiers (la décision avait été décidé en 1929, pas vraiment une bonne date quand on y réfléchit) puis techniques et humains (11 morts pendant la construction), à cause de la longueur du pont et de l'instabilité de la baie pour arriver à ce qui fut jusqu'en 1064 le plus grand pont du monde...
Je ne suis pas femme à aimer les chiffres, alors si vous voulez connnaître la longueur, le poids du pont, le diamètre de ses câbles, le nombre de rivets sur le pont et bien d'autres choses encore, c'est ici. Pour l'histoire détaillée, ce sera plutôt là.
Après 75 ans, un tremblement de terre et un lifting, ce sera toujours une jeunesse !




Saturday, February 05, 2011

Willie Brown

Dans la foulée de l'arrivée du nouveau maire, faisons le point sur les maires de ces dernières années: Willie Brown (1996-2004), Gavin Newson (2004-2011) et Ed Lee (2011...)
Un african-american, un caucasian et un asian-american (ça passe mieux en anglais).
Only in San Francisco? Je doute qu'on trouve une telle diversité ethnique dans une autre ville.


Photo Christian Jeunet
Grâce au tournage du film, j'ai pu rencontrer Willie Brown pour l'interviewer. Un exemple du rêve américain. Né au Texas en 1934, il fréquentait une école ségrégationniste. Sa mère pensant qu'une telle école ne menait nulle part, elle l'a envoyé à San Francisco chez son oncle. Il n'en est jamais reparti.
Il a fait bien sûr des petits boulots, entre autres, cireur de chaussures et raconte dans ses mémoires, comment un client blanc avait craché dans la coupelle des pourboires !
Etudiant à SFSU, il a travaillé ensuite comme avocat et a très vite plongé dans la politique.
Un homme complexe, qui fut pendant 30 ans à California State comme démocrate, dont 15 ans comme speaker, la plus longue durée de l'histoire.
Premier maire black de la ville, il fut avant tout un bâtisseur: remise en état du Ferry Building et d'Embarcadero avec la création de la promenade, mise en place du quartier de South Market où s'installèrent beaucoup de dot.com à proximité du AT&Tpark, le tout neuf stade de base-ball (le nid des Giants) et surtout le complexe de Mission Bay. C'est sous son règne que de grands pôles culturels de la ville ont été conçus et/ou réalisés comme la grande bibliothèque, le De Young, et la Californian Academy. Très favorable aux transports en commun, il a aussi amélioré le MUNI, en particulier avec la création de tram de la ligne T desservant Mission Bay et au delà, de quartiers autrefois très enclavés comme Baywiew et Hunter's Point.
C'est aussi grâce à lui que SFO, l'aéroport, petit aéroport de province à son arrivée, a honoré son nom de San Francisco International Airport.
(Un "détail" dans son action, mais pour le moins surprenant : il a modifié la politique de la municipalité qui avant son arrivée, interdisait de donner à manger aux SDF!! On a peine à y croire.)
Comme à tous les interviewés, nous lui avons demandé ce qu'il pensait des tremblements de terre. Ce fut le seul à dire qu'il adorait parce que c'était une bonne occasion de "faire le ménage"... Et c'est vrai qu'il a bien profité des dégats de celui de 1989 pour remodeler la partie basse de la ville !

Monday, January 31, 2011

L'ancien et le nouveau

Passation des pouvoirs au City Hall entre Gavin Newsom qui quitte la mairie et Ed Lee , son successeur. Chacun guette leurs différences.

Kimihiro Hoshino / AFP/Getty Images
- Le grand caucasien et le petit, premier maire de San Francisco issu de la communauté asiatique,
- Le premier roulait en 4X4 , le second arrive dans un élégant sedan gris,
- Newsom toujours sur son 31, chaussures étincelantes, Lee préfère le blaser...
- Newson toujours bavard en réunion, Lee sobre et rapide pour lancer la discussion...
Bref, des bricoles à se mettre sous la dent avant de pouvoir comparer leurs politiques. Attendons.


Wednesday, January 26, 2011

La dictée de la Baie....

Courez vous vous faire inscrire!... C'est toujours un moment très sympa et souvent.... une leçon d'humilité!

DICTÉE FRANCOPHONE DE LA BAIE

San Francisco Bay Accueil

AU LYCÉE INTERNATIONAL FRANCO-AMÉRICAIN SF

150 Oak street – San Francisco, CA 94102 www.frenchamericansf.org

Saturday March 19 2011 1:30 p.m -4 p.m.

Samedi 19 mars 2011 de 13h30 à 16 h

Ouvert à tous écrivains en herbe ou en verve, français, francophones ou francophiles.

Répartition en fonction des niveaux. Venez concourir dans une ambiance détendue. Gratuit.

Remise des prix par le Consul général de France à San Francisco, Romain Serman

Native speakers, francophones, francophiles of all levels.

Dictation followed by an awards ceremony and a snack. Free event. 150 participants limit.

Questions et inscriptions avant le 10 mars / Sign up by March 10
Christine Lemor-Drake: christine@appletopomme.com - Tel: (415) 292-7227 www.sfbacc.org

Wednesday, January 19, 2011

Parking, de mal en pis

J'avais eu l'occasion de vous dire la difficulté du stationnement à San Francisco et les choses ne se sont pas améliorées: le nombre de places n'a pas changé et la complexité de la signalisation non plus !
Mais le déficit des revenus dans la rubrique stationnement du budget de la ville est de 7 millions de dollars sur 99 ) Il fallait donc faire "quelque chose"tant au niveau des parkings publics que des parkings privés !
D'abord le prix horaire du stationnement sur la rue a été augmenté : en moins de dix ans , il est passé au parcmètre de 0,50$ à 2 $.... Et puis, le discount pour les "early birds", ceux qui pensent que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, pourrait être supprimé...
Et puis, la période de tolérance en cas de dépassement des horaires est ramenée de 10 à 5 minutes... Les sanctions du stationnement se sont aussi aggravées... (55$ à 65 $ selon les quartiers)
Les laveuses de rue vont avoir un dispositif automatique pour photographier les plaques de ceux qui n'auront pas respecté le "street-cleaning" (55$)...
Et puis, bien sûr, on demande aux employés chargés de la verbalisation de faire du chiffre.....
Enfin, comme il n'y a pas de petites économies, on propose aussi de supprimer le stationnement gratuit pour les employés du Muni...
Avec tout cela, San Francisco serait la ville au stationnement le plus cher de tous les Etats-Unis...
Only in San Francisco? Pour une fois, on aurait préféré autre chose!